La force cachée de la lenteur.

« Je suis nulle à tous les jeux qui nécessitent de la rapidité« , nous confie Sophia Dembling, dans un chapitre de son livre (La revanche des Discrets) intitulé « La lente procession de la pensée ».
C’est presque un soulagement de lire ces lignes ! « Alors je ne suis pas le seul ! » que je m’exclame – moi qui craignait que mon cerveau soit déjà rouillé par le temps :p (Je sais bien qu’on régresse passé les vingt-ans, mais tout de même !)
Oui, vraiment, lorsque je suis confronté à une situation qui requiert de la spontanéité et de la rapidité, c’est la surchauffe ! Les rouages de mon cerveau partent en cacahuète et la machine s’avère inexploitable…


L’objectif de cette méditation est de dévoiler la force cachée de notre lenteur, ou plutôt, devrais-je dire, de la lente procession de notre pensée : ce n’est pas la même chose 😉

Nous avons parfois le sentiment d’être stupide et cette pensée que notre cerveau nous fait défaut. Mais c’est mal comprendre notre fonctionnement cérébral et ignorer les atouts associés. Car j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer : vous n’êtes pas plus bête qu’un autre, bien au contraire !


MÉDITATION

Nous allons révéler les forces cachées de notre lenteur et nous affranchir de ces pensées qui nous accablent, alors qu’elles ne reflètent en rien ce que nous sommes vraiment.

Pour commencer, je vous laisse vous affaisser confortablement dans votre fauteuil, ou du moins adopter votre posture favorite.

Si cela peut vous aider, fermez les yeux.

Prenez conscience de votre souffle.

Focalisez votre attention sur votre respiration.

Observez la, sans nécessairement rechercher à le modifier…

Faîtes cela aussi longtemps que nécessaire, afin de vous concentrer, jusqu’à ce que vous vous sentiez disposé à la méditation.

~

Je l’ai toujours su, au fond, qu’il y avait quelque chose de l’ordre psychique, qui expliquait mes tendances comportementales et cognitives.

Pour tout vous dire, c’est un fait : nous, les introvertis, nous sommes plus lents d’un point de vue cérébral.

C’est à dire qu’il nous faut davantage de temps pour traiter une information : rien à voir avec la stupidité !

D’où le fait qu’on se retrouve souvent perdant aux jeux qui exigent rapidité et reflexes sans pareilles.

Encore une fois, je vais citer Sophia Dembling qui écrit : « Je ne suis pas la meilleure aux jeux où il faut trouver un certain nombre de mots en un temps donné. Je trouve des mots, mais les autres en trouvent plus. Je trouve ça légèrement humiliant, parce que je suis quand même écrivain.« 

Cela m’évoque quelques expériences personnelles. Par exemple, je me souviens d’un jeu entre amis qui consistait à faire deviner un mot par des synonymes, ou quelque chose du moins qui s’y apparentait – avec évidemment une contrainte de temps.

Pour ne pas vous mentir, j’ai été terriblement mauvais ! J’ai même obtenu le score le plus bas…

Ce genre de situation peuvent nous mettre mal à l’aise, parce que nous aimons prendre le temps de réfléchir : ne l’oubliez pas, c’est une caractéristique même de notre introversion !

Alors le sablier qui s’écoule et la pression qui en découle peuvent susciter un stress non négligeable. Quoi qu’il en soit, notre cerveau montre vite ses limites.

Trou noir.

On perd tous nos moyens, impossible d’extraire le moindre mot…

Et on ne comprend pas ce qui nous arrive. On pense que l’on est profondemment bête.

Mais rassurez-vous, vous n’êtes pas plus bête qu’un autre,
car c’est tout à fait normal !

Cela n’a strictement rien à voir avec notre intelligence (D’ailleurs, qu’est-ce que cela veut dire, être intelligent ?). La preuve : bien que Sophia Dembling trouve moins de mots que les autres, ses ouvrages démontrent qu’elle a une plume non seulement très jolie, mais aussi très affûtée, sans parler d’un vocabulaire riche.

Par conséquent, tout comme nous, Sophia Dembling n’a pas la moindre raison de se sentir humilié – rappelons à ce propos qu’il est justement question d’un « sentiment« , lequel reflète raremet la réalité. Sophia a probablement conscience de ce dont elle est réellement capable.

Simplement, ce genre de situation ne jouent pas en autre faveur. Mais cela n’empêche en rien que nous avons la connaissance de la chose et / ou la capacité de fournir une réponse.

En fait, bien souvent, la pensée nous vient, mais nous prenons plus de temps pour la transformer en mots.

Cela s’explique sur le plan cérébral, par ce que l’on appelle la « dopamine ».

Je ne suis pas psychologue et encore moins neurologue, alors n’ayez pas peur, je ne vais pas vous déployer une démonstration scientifique.

En fait, c’est très simple. Vous devez simplement comprendre que la différence fondamentale entre l’extravertion et l’introvertion s’explique justement par le fonctionnement de notre cerveau.

Plus précisemment, il s’agit de notre rapport au neurotransmetteur qu’est la dopamine.

Ce neurotransmetteur implique des réactions rapides, mais le cerveau des introvertis le sollicite beaucoup moins.

Le cerveau des introvertis préfèrent un autre neurotransmetteur : on le nomme acétylcholine.

Ce dernier favorise l’intériorisation de l’information. C’est pourquoi le traitement demande plus de temps, avant de passer à l’action.

Pour faire simple, le processus cérébral consitant à traiter une information, avant d’aboutir à une réponse, chez les introvertis, est plus long en comparaison à celui des extravertis.

Par conséquent, si à mon image vous êtes très introverti(e), vous êtes vite dépassé par une trop grande exigeance de rapidité : c’est normal 😉

Puis il ne faut pas oublier que c’est cela, justement, qui fait de nous des personnes réfléchies, et il va sans dire que c’est une grande qualité !

Cette lenteur dont nous pouvons être le sujet est ainsi le fruit de bien des vertus :

Nos pensées sont plus profondes et je ne doute pas un instant que vous n’iriez pas échanger votre profondeur d’esprit contre plus de rapidité ! Car nos pensées profondes sont le fruit, entre autres, d’échanges passionnés et de résultats pertinents !

Cette profondeur de nos pensées, qui se traduit également par des réfléxions intenses, est l’essence d’idées brillantes ou de solutions ingénieuses, et la source de notre créativité !

Pour revenir à l’acétylcholine, il décuplerait notre capacité à réfléchir, mais aussi à méditer et à nous concentrer intensément sur une seule chose pendant une période assez longue.

On peut ainsi relever une prédisposition à la méditation, laquelle permet le développement des plus belles vertues à mes yeux ! Telles que la bienvaillance, l’altruisme, la sérénité, le bien être…

Notre forte capacité de concentration est par ailleurs un atout, en ce sens où elle nous permet de développer amplement un travail donné et de le creuser en profondeur, sur une longue durée, en vue d’en tirer le meilleur des résultats.

En somme, nous avons de quoi nous réjouir des forces que dissimulent notre lenteur 🙂

~

Prenez ce temps, là, maintenant, de réfléchir aux forces cachées de votre lenteur.

Remémorez-vous des exemples de situations – et elles sont probablement nombreuses – à l’occasion desquelles votre lenteur s’avère être un atout primordial.

Si vous prenez le temps d’y réfléchir, vous réaliserez à quel point elle alimente votre quotidien.

~

Si vous comprenez cela et que vous prenez conscience de la forche cachée de votre lenteur, alors vous comprendrez que les sentiments d’humiliation ou de stupidité n’ont pas lieu d’être.

Sachant tout cela, ne vous confrontez pas à des situations qui ne jouent pas en votre avantage. Au contraire, faites tout votre possible pour disposer du temps dont vous avez besoin.

Alors n’oubliez pas de valoriser votre lenteur et de rappeler à autrui le potentiel qu’elle referme.

Enfin, souvenez-nous : qui est le vainqueur entre le lièvre et la tortue ? Il me semble, de souvenir, que la lenteur l’emporte sur la vitesse 😉


Est-ce que cette méditation vous a éclairé ? Quelles sont les forces cachées de la lente procession de votre pensée ?

Dîtes le moi en commentaire 😉

 

 

 

3 réflexions sur “La force cachée de la lenteur.

  1. Ça m’a pris des années à comprendre ça et surtout l’accepter. Ça explique pleinement pourquoi je préfère les discussions aux débats. Le premier fait preuve d’ouverture, de nuance, de mélange d’idée. Le deuxième cherche à convaincre, nier l’opposant, fermer des portes. Merci de montrer à tes lecteurs ce qui m’a pris une vie à saisir. Avoir su! XD

    Aimé par 1 personne

    1. Hey, Marie !

      Merci de ton passage, ça me fait plaisir 🙂

      Et oui je suis comme toi ! Je n’aime pas le conflit et je tends tout naturellement à l’éviter. D’autant plus qu’il ne nous laisse pas le temps de réfléchir, car généralement chacun se précipite plus ou moins pour dire ce qu’il pense et les échanges se piétinent les uns les autre. Puis les échanges sont trop nombreux et cela m’épuise en un rien de temps…

      Je tois t’avouer que comprendre la raison m’a pris beaucoup de temps également, car les gens ont plutôt tendance à nous juger. C’est quelque chose que l’on comprend pas sois-même, ou en ce qui me concerne, via le livre de Sophia Dembling (merci à elle !).

      J'aime

  2. Ping : L’introverti en tant que tortue : sa sagesse et ses vertus. – Soleil Bleu Méditation

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s