La force des Discrets (Susan Cain)

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Dans un monde où « un tiers des personnes qui nous entourent sont des introvertis« , Susan Cain souligne néanmoins la dominante extravertie de la société. « L’homme idéal doit être sociable, avoir le goût du risque« , autrement dit, être extraverti. On comprend alors mieux ce sentiment de ne pas avoir sa place, qui nous préoccupe parfois quand on est introverti.

Susan Cain explique les origines de cette dominante. Par ailleurs, elle ne manque pas de rappeler la force des discrets et leur contribution à certains grands progrès de la société !


INTRODUCTION

Ce livre s’est avéré très percutant pour moi, car j’ai réalisé combien il explique des difficultés auxquelles j’ai été confronté – en tant qu’introverti.

« Nous vivons dans un système de valeurs que j’appellerai ici l’Idéal extraverti – c’est à dire la croyance omniprésente que l’être idéal est sociable, dominant, et à l’aise lorsqu’il se retrouve sur le devant de la scène. »

Susan Cain aborde rapidement le vif du sujet, c’est à dire sa théorie selon laquelle : nous vivons dans une société extravertie. Pour cela, l’auteure s’appuie non seulement sur son expérience personnelle (qui s’exprime bien souvent par sa gêne dans des mouvement sextravertis), mais avant tout sur des personnalités américaines et des études psychologiques à l’image de celles menées par Carl Jung – ce philosophe publie en 1921 un ouvrage intitulé « Types psychologiques » dans lequel il popularise les termes d’introverti et d’extraverti

« Les introvertis vivant dans le monde de l’Idéal extraverti sont comme des femmes dans un monde d’hommes… »

Susan Cain résume assez bien le problème à l’échelle de la société. Mais en parallèle le livre est encourageant, en ce sens où il démontre l’impact positif des introvertis (telles que Eleanor Roosevelt, Al Gore, Warren Buffett, Gandhi, Rosa Parks…) et nous rappel que « certains tournants majeurs ont été initiés par des introvertis. »

J’ai bien aimé les premières pages qui débute par le refus catégorique Rosa Parks, qui a fait preuve d’un courage salutaire face à cet agent qui lui demande de céder sa place à un homme blanc. Mais j’ai tout particulièrement apprécié le point de vue suivant, celui d’une avocate du nom de Laura, une personne réservée, néanmoins confrontée à des situations de conflits – bien qu’elle déteste ça. On aurait tendance à penser que Laura ferait bien d’abandonner et pourtant, elle a su faire de son introversion une force, démontrant qu’il était possible d’être introverti et d’affronter le conflit.

« Aujourd’hui, Laura a compris que son introversion faisait partie intégrante de sa personnalité et elle se réjouit de sa nature… »

~

L’IDÉAL EXTRAVERTI

Susan Cain développe tout un chapitre autour de la culture de la personnalité, qui progressivement dénigre le tempéramment des discrets – alors clairement perçu comme problématique – en faveur de la personne dîtes sociable et avenante.

 » En adoptant la culture de la personnalité, les Américains ont commencé à se focaliser sur la façon dont les autres les perçevaient et se sont laissé fasciner par les profils audacieux et divertissants  »

 

Il est aussi intéressant d’écouter les explications de l’auteure sur l’imposition d’un idéal extraverti, car même en France, il est évident que l’évèle modèle n’a pas toujours été extraverti. L’élève discret, voir même réservé, semble avoir été amplement priviligié du temps de mes parents, je crois.

 » Les parents bien intentionnés du milieu du siècle étaient tous d’accord pour considérer l’introversion comme inacceptable et la socialilité idéale, tant pour les garçons que pour les filles.  »

L’auteure reprend alors les termes qui viennent opposer l’introverti à l’extraverti : « les sensibles et névrosés », « en surstimulation intellectuelle »,  » les enfants sujets aux anormalités », VS « les sains du type extraverti », »une personnalité saine »…

Ce développement de la cutlture de la personnalité est vraiment passionnant. Petit à petit, on comprend comment on en arrivé à voir naître des séminaires tels que ceux de Tony Robbins, avec pour objectif de « bien se vendre« . On devine rien qu’au malaise ressenti par Susan Cain, au sein de ces milliers d’individus débordant d’énergie et agitant leur poing au rythme de la musique, que cet enseignement n’est clairement pas en faveur de l’introversion.

Si l’exemple de l’ascension de Carnegie, devenu modèle de la prise de parole en public, insuffle de l’espoir et apporte la preuve que nous pouvons évoluer, aussi profonde soit notre introversion ; il reflète par ailleurs l’ampleur du phénomène, car le personnage en vient à former des personnes pour prendre la parole en public.

 » La première chose que je remarque en arrivant sur le campus de la Harvard Business School, c’est la démarche des gens. Personne ne flâne, personne ne traîne. On avance à granes enjambées, d’un pas dynamique et décidé  »

Je me suis laissé impressionné quand elle parle de la Harvard School, cette école centrée sur l’extraversion, qui en est même une norme. C’est dire à quelle point l’idéal extraverti s’est imposé comme le modèle à suivre !

~

En somme, ce livre révèle les forces de notre nature introvertie et nous suggère un équilibre harmonieux avec nos confrères extravertis…


Est-ce que vous avez lu ce livre ? Auriez-vous des suggestions à me faire ? Avez-vous appréciez cet article ? Dîtes le moi en commentaire ! 🙂

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